Le premier des cinq sens
- Soline de Geloes
- 23 janv. 2020
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 5 févr. 2020
Homélie du jeudi 23 janvier 2020 (Mc 3, 7-12)

En demandant à ses disciples de tenir une barque à sa disposition, Jésus fait d’une pierre deux coups. Il échappe à la pression de la foule qui menace de l’écraser et il donne à sa voix de porter en prenant un peu de recul sur le plan d’eau. La barque va permettre à Jésus de continuer sa mission de prédication sans être pris dans la cohue.
Ce que je retiens de cet épisode de la vie de Jésus, c’est un enseignement tout simple.
Si la foule désire en premier toucher et voir Jésus. Jésus, lui, cherche d’abord à être entendu.
Jésus veut, avant tout, être entendu. Il veut que sa parole parvienne à nos oreilles, à notre intelligence et à notre cœur. Et quand les gens le pressent et cherchent à le toucher pour être guéris dans leur corps, Jésus répond : "Écoutez-moi, d'abord. Ecoutez-moi et ainsi vous pourrez voir Dieu et toucher son mystère”.
C’est aussi ce que l’on peut retenir du témoignage de l’apôtre Jean après sa rencontre avec le Christ : “Ce que nous avons entendu (d’abord), ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons” (1Jn 1, 1).
Dans nos vies modernes, les sens du toucher et de la vue sont exacerbés. En revanche, il nous est plus difficile de prendre le temps d’écouter.
Or, l’ouïe est le premier des cinq sens, selon l’ordre de Dieu. Le nom propre du Christ, c’est le Verbe et non l’Image ou le Toucher. Heureux celui qui croit sans voir. Heureux celui qui croit sans éprouver le besoin de mettre ses doigts dans les plaies du Christ. Malheureux en revanche celui qui n’entend pas, celui qui n’écoute pas la voix du Seigneur.
L’homme qui écoute la voix du Seigneur est “comme un arbre planté près d'un ruisseau, qui donne du fruit en son temps et jamais son feuillage ne meurt. Tout ce qu'il entreprend réussira. Tel n'est pas le sort de [ceux qui se ferment à la Parole de Dieu]. Ils sont comme la paille balayée par le vent.” (Ps 1, 3-4).
Nous aussi, dans l'action et surtout dans la prière, nous voudrions toucher les choses de Dieu, le mystère du Christ. Nous aimerions sentir davantage la foi, la joie d'espérer. Nous pensons avoir besoin de sentir que le Seigneur est bien là.
Et Jésus de nous dire: "Écoute-moi d'abord. C'est l'unique nécessaire.” (Lc 10, 42).
Amen.
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